STADE DE France – L'équipe du Maroc était comme chez elle hier au Stade de France, rempli d'une majorité de supporters marocains qui ont joyeusement coloré l'enceinte de Saint-Denis de rouge.
Si les abords de Saint-Denis sont restés calmes avant le match, les minutes précédant le coup d'envoi ont donné le ton de l'ambiance. En fermant les yeux, on se serait cru au stade Mohamed-V de Casablanca plutôt que dans les travées du Stade de France. En les rouvrant, le mouvement ondulant des drapeaux rouges confirmait la présence extrêmement majoritaire des supporters marocains. Ceux-ci, à en juger par les plaques minéralogiques des voitures ayant cheminé vers le stade, étaient venus de nombreux départements français.
Cette manière de match à domicile pour la formation d'Henri Michel est un phénomène que l'on avait déjà connu lorsque l 'Algérie , le 6octobre 2001, était venue défier les Bleus dans le même lieu, avec les débordements que l'on connaît. Cette fois, fort heureusement, les 600 membres des forces de l'ordre, qui ne se sont mises en place qu'après un quart d'heure de jeu, n'ont pas eu à endiguer un envahissement de terrain. On apprenait toutefois qu'une personne avait été arrêtée au moment où elle tentait de franchir les rambardes séparant les rangs inférieurs de la tribune et la piste d'athlétisme.
Lors de la présentation des équipes, les joueurs marocains ont été ovationnés alors que la majorité des Français ont essuyé des sifflets nourris. Les seuls à avoir échappé à la bronca ont été Karim Benzema, Hatem Ben Arfa et Samir Nasri, tous trois de confession musulmane. Ce fut le cas également pour Franck Ribéry et Nicolas Anelka, les convertis. Anelka a d'ailleurs été chaleureusement acclamé lorsqu'il a remplacé Benzema après soixante-trois minutes de jeu. Sans doute n'avaiton pas oublié, un soir comme ça, que l'attaquant de Bolton a fêté son mariage au Maroc.
Ben Arfa fut également accueilli avec enthousiasme lorsqu'il prit la place de Govou à la 74e minute. Ce fut évidemment moins généreux lorsque Nasri marqua le deuxième but français. Dans ce contexte, l'hymne marocain a été joué et chanté dans une bruyante communion par les dizaines de milliers de supporters des hommes en rouge. Personne ne l'a sifflé, pas même dans les parties de l'enceinte occupées par les fans des Bleus, respectueux. Hélas, la Marseillaise connut un accueil déplaisant. Elle fut sifflée par une grande majorité du public, ce qui de nos jours est considéré comme un délit.
Depuis la finale de la Coupe de France 2002 entre Lorient et Bastia (1-0 pour les Bretons), lors de laquelle l'hymne français avait été conspué par des supporters corses, le fait d'être surpris en train de siffler la Marseillaise est passible d'une peine d'emprisonnement de six mois et d'une amende de 7 500 euros. Interrogé au moment où il quittait le stade, sur l'ambiance, les sifflets, notamment pendant l'exécution de l'hymne national, Bernard Laporte, le secrétaire d'état à la Jeunesse et aux Sports, se contenta d'un commentaire laconique : « Je n'ai pas vu, je n'étais pas là .» Cet homme pressé, arrivé en retard, est parti cinq minutes avant la fin du match. Pour en finir avec cette étrange soirée du football français, l'équipe marocaine se souviendra qu'elle a évolué à Paris comme chez elle, soulevant les olas dans les gradins et des « Olés, Olés » lorsqu'elle parvint à faire tourner le ballon dans ses rangs. Le but égalisateur de Mokhtari souleva littéralement le virage nord situé derrière la cage de Landreau et provoqua une houle dans le virage sud. Après le match, une partie des joueurs nord-africains alla saluer le public, la plupart rentrant tranquillement au vestiaire en compagnie des Français en échangeant les maillots. Le stade se vida rapidement et calmement. La vie ordinaire reprenait son cours.
Source: l'equipe (lequipe.fr)
(Photo Didier Fèvre)
Si les abords de Saint-Denis sont restés calmes avant le match, les minutes précédant le coup d'envoi ont donné le ton de l'ambiance. En fermant les yeux, on se serait cru au stade Mohamed-V de Casablanca plutôt que dans les travées du Stade de France. En les rouvrant, le mouvement ondulant des drapeaux rouges confirmait la présence extrêmement majoritaire des supporters marocains. Ceux-ci, à en juger par les plaques minéralogiques des voitures ayant cheminé vers le stade, étaient venus de nombreux départements français.
Cette manière de match à domicile pour la formation d'Henri Michel est un phénomène que l'on avait déjà connu lorsque l 'Algérie , le 6octobre 2001, était venue défier les Bleus dans le même lieu, avec les débordements que l'on connaît. Cette fois, fort heureusement, les 600 membres des forces de l'ordre, qui ne se sont mises en place qu'après un quart d'heure de jeu, n'ont pas eu à endiguer un envahissement de terrain. On apprenait toutefois qu'une personne avait été arrêtée au moment où elle tentait de franchir les rambardes séparant les rangs inférieurs de la tribune et la piste d'athlétisme.
Lors de la présentation des équipes, les joueurs marocains ont été ovationnés alors que la majorité des Français ont essuyé des sifflets nourris. Les seuls à avoir échappé à la bronca ont été Karim Benzema, Hatem Ben Arfa et Samir Nasri, tous trois de confession musulmane. Ce fut le cas également pour Franck Ribéry et Nicolas Anelka, les convertis. Anelka a d'ailleurs été chaleureusement acclamé lorsqu'il a remplacé Benzema après soixante-trois minutes de jeu. Sans doute n'avaiton pas oublié, un soir comme ça, que l'attaquant de Bolton a fêté son mariage au Maroc.
Ben Arfa fut également accueilli avec enthousiasme lorsqu'il prit la place de Govou à la 74e minute. Ce fut évidemment moins généreux lorsque Nasri marqua le deuxième but français. Dans ce contexte, l'hymne marocain a été joué et chanté dans une bruyante communion par les dizaines de milliers de supporters des hommes en rouge. Personne ne l'a sifflé, pas même dans les parties de l'enceinte occupées par les fans des Bleus, respectueux. Hélas, la Marseillaise connut un accueil déplaisant. Elle fut sifflée par une grande majorité du public, ce qui de nos jours est considéré comme un délit.
Depuis la finale de la Coupe de France 2002 entre Lorient et Bastia (1-0 pour les Bretons), lors de laquelle l'hymne français avait été conspué par des supporters corses, le fait d'être surpris en train de siffler la Marseillaise est passible d'une peine d'emprisonnement de six mois et d'une amende de 7 500 euros. Interrogé au moment où il quittait le stade, sur l'ambiance, les sifflets, notamment pendant l'exécution de l'hymne national, Bernard Laporte, le secrétaire d'état à la Jeunesse et aux Sports, se contenta d'un commentaire laconique : « Je n'ai pas vu, je n'étais pas là .» Cet homme pressé, arrivé en retard, est parti cinq minutes avant la fin du match. Pour en finir avec cette étrange soirée du football français, l'équipe marocaine se souviendra qu'elle a évolué à Paris comme chez elle, soulevant les olas dans les gradins et des « Olés, Olés » lorsqu'elle parvint à faire tourner le ballon dans ses rangs. Le but égalisateur de Mokhtari souleva littéralement le virage nord situé derrière la cage de Landreau et provoqua une houle dans le virage sud. Après le match, une partie des joueurs nord-africains alla saluer le public, la plupart rentrant tranquillement au vestiaire en compagnie des Français en échangeant les maillots. Le stade se vida rapidement et calmement. La vie ordinaire reprenait son cours.
Source: l'equipe (lequipe.fr)
(Photo Didier Fèvre)


